Méthodologie de la dissertation

Que l’on vous pose un sujet de cours ou de réflexion, formulé ou non sous forme de question, qu’il s’agisse d’une phrase ou d’un court texte, la technique de la dissertation est la même. Elle commence par une étape fondamentale : comprendre le sujet qui vous est posé, ce qui veut dire apporter la plus grande attention à la façon dont il est rédigé.

Les connaissances sont considérées comme un acquis. C’est votre capacité d’utiliser intelligemment ces connaissances qui sera évaluée :

1. capacité de compréhension du sujet ;

2. facultés d’analyse et de synthèse ;

3. rigueur juridique ;

4. aptitude à raisonner ;

5. clarté, intelligence, aisance voire élégance de l’expression ;

6. sûreté de l’orthographe.

L’introduction

Architecture générale d’une bonne introduction

1. L’accroche

Phrase d’attaque qui permet d’attirer l’attention du lecteur. Elle peut prendre la forme interrogative ou bien comporter une citation en relation avec le sujet, paradoxe, constat d’actualité, énumération, répétition, définition, notion plus générale…. Elle doit cependant éviter de paraître pédante ou de pur artifice.

2. Le contexte et les définitions

Étape qui permet de cerner et délimiter le sujet :

- le contexte historique, géographique, culturel : À quelle époque puis-je rattacher le sujet ? Dans quel pays ou zone géographique puis-je situer le thème à analyser ? …

- définition des termes essentiels du sujet à partir de mes connaissances juridiques, historiques, philosophiques.

3. Intérêt du sujet

Pourquoi me pose-t-on cette question ? S’agit-il d’un problème juridique lié à l’actualité ? ou d’une notion fondamentale ?

4. Problématique

Quel est l’ensemble des problèmes soulevés par le sujet : une contradiction ? une innovation ? une complémentarité ? une rupture ? Il est important, à ce stade, de montrer que l’on a bien perçu les enjeux du sujet, qu’on sait les exposer et donc les maîtriser.

5. Annonce du plan

Il s’agit de la thèse que vous voulez démontrer, de la réponse que vous entendez apporter au sujet qui vous est posé, en annonçant les deux parties du plan.

Développement

Chaque partie (I et II) doit comporter l’annonce des sous-parties, objets du développement. En général, deux sous-parties suffisent largement. Au-delà, et sauf exception, les développements risquent de paraître trop morcelés ou inconsistants. Chaque sous-partie (A et B) peut être construite de la façon suivante :

- D’une part,… (1e argument).

- D’autre part, … (2e argument).

- Enfin/pour conclure… (3e argument/conclusion).

Elle peut comprendre encore elle-même deux subdivisions, aux intitulés courts, si possible percutants, qui devront être alors annoncées par un court chapeau introductif

Il convient enfin de veiller à faire des transitions.

Conclusion (en fonction de l’exigence des enseignants)

Elle s’efforce d’ouvrir le propos sur une perspective plus large. Puisque tout doit être dit entre l’introduction et les développements, elle ne consiste surement pas à exploiter un argument que vous auriez gardé pour la fin : on vous reprocherait légitimement de ne pas l’avoir traité dans le corps de la dissertation ! Elle ne consiste pas non plus en une reprise des arguments développés : cette réexposition n’aurait aucune utilité.

Quelques impératifs de rédaction

· Un argument juridique est toujours accompagné de sa source : article d’un code, d’une convention, d’une constitution ; jurisprudence ; doctrine.

· Pour construire son argumentation, utiliser des liens logiques :

Exemples :

- Subdivision : d’une part, d’autre part ; en premier lieu, en second lieu ; dans un premier temps, dans un second temps ; premièrement, deuxièmement, troisièmement…

- Addition : de plus ; en outre ; de surcroît ; par ailleurs…

- Opposition : au contraire ; or ; mais ; tandis que ; alors que…

- Concession : bien que ; certes…

- Conclusion : donc ; par conséquent ; en conséquence ; il s’ensuit que ; il résulte…

· Si une citation vient appuyer un argument juridique, il faut toujours la commenter pour expliquer dans quelle mesure elle soutient le raisonnement.

· À bannir : les fautes d’orthographe ; les phrases trop longues ; le ton humoristique ; les généralités ou banalités (de tout temps, les hommes …, la société, le monde etc….).

· Aller à la ligne à chaque argument : un premier argument est développé dans un paragraphe ; puis un nouveau paragraphe est consacré au second argument. Ceci ne veut cependant pas dire que les paragraphes doivent être courts et que la rédaction trop morcelée.

· Aérer la copie en sautant des lignes avant et après les titres. Ce n’est pas le lieu ni le moment de faire des économies de papier. Pensez à votre lecteur qui sera d’autant mieux disposé qu’il aura devant les yeux une copie soignée.

· Faire ressortir les titres : il est préférable de faire des titres apparents, mais cela ne dispense pas de rédiger les annonces et les transitions.

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