Déclaration des Droits Fondamentaux Numériques

Publié par Willy Duhen • le 25 juin 2009

Le , conduit par , a décidé de se lancer dans la course de la régulation de l’, sujet qui a le vent en poupe depuis les débats, brulants, d’ puis de la Loppsi. N’oublions pas qu’, bien que régulé juridiquement par la loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie , est au cœur des enjeux sociétaux actuels, notamment par la confrontation au de propriété (, ) et au à l’, à l’oubli et à la protection de la vie privée (depuis la loi Informatique et Libertés de 1978 et l’affaire , jusqu’à nos jours avec les sœurs et cousines d’).
Les intérêts de chacun sont tiraillés en fonction des bénéfices que retirent chacun sur la toile et, en fonction des lobbies, le politique s’est pris d’amour pour la toile. C’est d’ailleurs à cet effet que le présente cette déclaration, bien qu’incomplète, parcellaire et sûrement à côté d’une véritable régulation, pour devancer les travaux des Socialistes et des Verts intéressés par ces débats.

Bref, le premier frein à cette initiative reste l’étiquette politique clairement revendiquée. La déclaration mise en ligne a été faite par , ministre et chef de fil du .


Déclaration des droits fondamentaux numérique
envoyé par Droits_Numeriques.
Ceci étant, l’objectif annoncé est d’avoir une base de plusieurs articles pour pouvoir discuter à l’échelle nationale, mais surtout européenne afin d’imposer une véritable régulation du secteur.
Les porteurs du projet comparent l’ à l’environnement et la « fondamentalisation » de sa charte en 2004, mais les enjeux et les risques liés sont assez éloignés.
Pourquoi ne pas se contenter de constitutionnaliser, chose qui sera faite, à n’en pas douter, d’ici quelques temps le d’accès à , en le liant, comme l’a déjà fait en partie, le Conseil Constitutionnel dans son avis sur Hadopi… Or, nous sommes dans un temps ou la toile reste au centre d’une évolution sociétale en construction et il est nécessaire de regrouper les différentes opinions, solutions afin d’aboutir à un système permettant de protéger les droits de chacun, dans l’esprit de la française.
La Déclaration en son état:
Article 1er : Réseau
Toute personne a le d’accéder et d’utiliser librement le réseau , neutre et ouvert, sous réserve de ne pas porter atteinte à l’ordre public et aux droits d’autrui.

Article 2 : Vie privée
Toute personne a au respect de sa vie privée et au secret de ses échanges numériques. Les systèmes d’information personnels sont assimilés au domicile privé.

Article 3 : Dignité
La dignité est un fondamental.

Article 4 : Propriété
Toute personne est propriétaire des informations numériques la concernant, dans le respect des droits et libertés d’autrui. L’usage de ces informations est défini par la personne concernée.

Article 5 :
Toute personne a le d’être informée de l’existence des informations numériques la concernant.

Article 6 :
Le à l’ gratuit est reconnu à toute personne, sous réserve de ne pas porter atteinte à l’ordre public et aux droits et libertés d’autrui.

Article 7 : à l’oubli
Toute personne a le de retrait des informations dont elle est propriétaire ou la concernant, sous réserve de ne pas porter un préjudice grave aux personnes physiques ou morales détenant lesdites informations et de ne pas nuire au devoir d’information générale et de réalité historique.

Article 8 : Identité numérique
Toute personne a à une identité .

Finalement, à la lecture, l’article 1 semble tout à fait censé et se suffirait à lui-même. Cela correspond simplement à constitutionnaliser en fondamental, comme une composante de la liberté d’expression et de communication.
Les autres articles sont déjà portés par des textes institutionnalisés comme des libertés ou des droits fondamentaux: respect à la vie privée (tant au niveau des communications que de sa liberté d’être et de vivre anonymement), la dignité humaine (il faudra que l’on m’explique le concept de dignité …) et l’identité (sachant qu’ offre, pour chaque individu civil, une multitude d’s numériques).
En outre, la question de la propriété pose problème, notamment avec la question de la cession des droits d’auteurs traditionnelle. Je pense que les rédacteurs ont voulu faire un clin d’œil (involontaire?) aux Creative Commons utilisées déjà pour les créations des internautes.
Enfin, le à l’oubli n’est actuellement effectif (et encore que…) qu’en matière de presse et n’est pas constant. Il faudrait plutôt réfléchir aux accords que l’on pourrait obtenir avec les entreprises privées qui stockent ces données; mais généralement, la conservation des données est limitée dans le temps. Il faudrait donc que cette limitation soit effective, mieux appliquée.
Quoi qu’il en soit, cette initiative, bien qu’incomplète, à le mérite de poser des questions. Toutefois, ma réticence reste coincée sur les aspirations politiques sous-jacentes…
La participation est ouverte à tous les internautes: Participez au débat
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A propos de l'auteur : Willy Duhen

Fondateur de Legaletic, responsable juridique de la société Autrement, doctorant en droit des NTIC et diplômé de Science-Pô, Willy Duhen travaille sur les questions de responsabilité et de gouvernance liées à la pratique de l’Internet et des NTIC. Autodidacte et passionné par les NTIC, Willy propose aussi des missions juridiques.

Willy Duhen a écrit 112 articles sur Legaletic

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