Fin de l’exclusivité de l’iphone chez Orange: lumière sur un accord anti-concurrentiel

Publié par Willy Duhen • le 4 janvier 2009

300.000 terminaux ont été vendus depuis sa commercialisation en France, ce qui a apporté à l’ de nouveaux clients à hauteur de 30% des acheteurs du téléphone d’. Détenteur de l’exclusivité de sa commercialisation, les accords entre la firme américaine et l’ français reposent sur une quadrature de contrats que conteste Telecom:

  • Partenariat réseau exclusif: la diffusion du téléphone (et de ses successeurs) est exclusive pour une durée de 5 ans, avec une clause de sortie pour au bout de 3 ans. Ainsi, le téléphone est verrouillé exclusivement pour qui reverse 30% des sommes facturées et 50% des dépenses publicitaires engagées par la marque à la pomme;
  • Accord de distribution: est désigné comme le grossiste exclusif. Seuls des distributeurs agréés sont habilités à passer commande auprès d’. La marque française s’engageait alors à valoriser la vente du téléphone face à ses concurrents;
  • Agréer de nouveaux distributeurs: les accords sont signés avec , mais les revendeurs doivent passer commande auprès d’.
  • Accords tripartites entre , et les distributeurs de détail: l’ ne doit pas être commercialisé avec une autre offre que celles d’.

L’affaire a été portée devant le Conseil de la concurrence par pour annuler ces clauses contractuelles et ouvrir la du téléphone avec les autres opérateurs téléphoniques français.

Le Conseil a donc étudié l’impact de cette commercialisation sur 4 critères qui touchent les marchés des:

  • terminaux de téléphonie mobile;
  • services de la téléphonie mobile;
  • baladeurs numériques;
  • téléchargements payants de musique en ligne (ou autres médias: vidéos, applications, jeux).

Le a estimé qu’ n’était pas en position dominante sur le marché des services de la téléphonie mobile. Quant à la firme américaine, son statut de nouvel entrant lui confère une place concurrentielle normale au sein des fabricants de terminaux. A l’inverse, jouit d’une position dominante dans le secteur des baladeurs numériques et du téléchargement payant de médias en ligne.

Le se penche donc sur les accords contractuels afin d’estimer si des mesures conservatoires peuvent être envisagées, au titre de l’article L. 464-1 du code du commerce. L’exclusivité d’ a donc été suspendue le 17 décembre 2008, en attendant la décision au fond, sur les motifs suivants:

  • Simlockage: cette technique est utilisée pour éviter que le terminal soit utilisé avec un autre , alors que son rôle doit être exclusiviementt la lutte contre le vol et est limitée à 6 mois et non pour préserver une obligation d’utiliser un déterminé;
  • Durée de la période d’exclusivité: dans le secteur, elle est souvent de 6 mois à 1 an. Les 5 années prévues paraissent excessives et segmentent le marché. L’exclusivité de l’, dans ces conditions, ne peut qu’augmenter la position dominante de l’ « de nature à porter une atteinte grave au marché et donc aux consommateurs ».
  • Accords avec les revendeurs au détail: l’exigence de vendre au moins 30% de produits affecte la concurrence.

Sur ce triple fondement , le estime que l’exclusivité du téléphone, tant son attractivité est forte, ne doit pas dépasser les 3 mois pour sa présentation et 6 mois pour le réseau unique. De même, le simlokage ne peut pas interdire la vente du téléphone nu pour l’utiliser avec un autre .

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A propos de l'auteur : Willy Duhen

Fondateur de Legaletic, responsable juridique de la société Autrement, doctorant en droit des NTIC et diplômé de Science-Pô, Willy Duhen travaille sur les questions de responsabilité et de gouvernance liées à la pratique de l’Internet et des NTIC. Autodidacte et passionné par les NTIC, Willy propose aussi des missions juridiques.

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