Phishing, état des lieux et nouveau projet de loi sur l’identité numérique

Publié par Willy Duhen • le 3 décembre 2008

Le (ou ) est une technique visant à exploiter la crédulité de la victime sur en l’amenant vers de faux sites de référence (imitation de sites de banques, sites de commerce) pour qu’il transmette, en toute confiance, ses coordonnées d’identification, bancaires, etc.

En envoyant un lien dirigeant vers un site imité (jusqu’à l’url!), les pirates arrivent à récupérer les données entrées sur cette page: login, mot de passe, identifiants bancaires, etc.

Cette technique, bien que généralement pratiquée sur , peut aussi avoir lieu par téléphone, par fax. C’est surtout par l’envoi massif de mails et la création de fausse barre que la tromperie se fait.

Pour exemple, une célèbre arnaque visant les possesseurs de compte Paypal permettait aux escrocs de récupérer les coordonnées d’identification au site par l’envoi d’un mail à partir d’une adresse qui semble réelle (service@paylpal.fr) et qui renvoyait vers une url quasiment similaire. Seule la lettre « L » (écrite en minuscule) était remplacée par un « i ». La différence est difficilement visible!

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En France, la législation contre cette pratique n’est pas clairement définie. Une proposition de loi a été portée par le sénateur Michel Dreyfus-Schmidt en 2005 mais est restée vaine. Aux Etats-Unis, la loi du 9 juillet 2004 « Anti- Act » prévoit cette infraction et renforce les peines des exécutant par la loi du 16 juillet 2005 « Identify Theft Penalty Enhancement Act ». Le Royaume-Uni est, quant à lui, le seul pays européen à disposer d’une protection contre la fraude commise en ligne depuis le 15 janvier 2007 avec le « Fraud Act », permettant de sanctionner le vol de l’identité en ligne.

La pratique judiciaire française contre ces atteintes aux données personnelles et bancaires se sert des éléments existant dans sa législation, décortiquant l’action du . On fait ainsi appel à :

  • Le spamming, prévu aux articles 226-16 à 226-24 du et aux dispositions de la ;
  • La responsabilité civile avec l’article 1382 du code civil qui dispose que « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer« ;
  • L’escroquerie prévue aux articles 313-1 et suivants du ;
  • L’usurpation d’identité (article 434-19 du : seulement en cas d’utilisation dans un acte authentique, un document administratif ou encore en cas de faux – art. 781 du ). L’usurpation d’identité devient un délit lorsque le voleur a opéré « dans des circonstances qui ont déterminé ou auraient pu déterminer contre le tiers volé des poursuites pénales », art. 434-23 du ;
  • Accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données (art. 323-1 et s. du );
  • La contrefaçon de marque (art. L. 713-1 et s. du Code de la propriété intellectuelle);
  • Abus de confiance (art. 314-1 et s. du );
  • Collecte frauduleuse de données nominative (art. L. 226-18 du ).

Avec toutes ces dispositions, le est couvert. Toutefois, une sénatrice, Jacquelin Panis, propose, dans un nouveau relative à la pénalisation de l’usurpation d’, un complément à l’article 434-23 du .

Ce vise la mise en place d’une carte nationale d’identité électronique intégrant un standard de signature électronique sécurisée. Avec ce texte, un article 323-8 du serait ajouté, visant précisemment le spamming, et disposerait qu’ »Est puni d’un an d’emprisionnement et de 15.000 euros d’amende, le fait d’usurper sur tout réseau informatique de communication l’identité d’un particulier, d’une entreprise ou d’une autorité publique. (…) Les peines prononcées se cumulent, sans possibilité de confusion, avec celles qui auront été prononcées pour l’infraction à l’occasion de laquelle l’usurpation a été commise. »

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A propos de l'auteur : Willy Duhen

Fondateur de Legaletic, responsable juridique de la société Autrement, doctorant en droit des NTIC et diplômé de Science-Pô, Willy Duhen travaille sur les questions de responsabilité et de gouvernance liées à la pratique de l’Internet et des NTIC. Autodidacte et passionné par les NTIC, Willy propose aussi des missions juridiques.

Willy Duhen a écrit 112 articles sur Legaletic

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