L’inceste entre clairement dans le code pénal
Publié par Willy Duhen • le 28 janvier 2010L’inceste sur les mineurs, porté par la proposition de loi Fort, entre dans le code pénal de manière distincte afin de mieux l’identifier, la prévenir, la détecter et lutter contre.
Jusqu’alors, l’inceste était considéré par le code pénal comme une agression sexuelle ou comme un viol aggravée par le lien filial ou la relation d’autorité entre l’auteur et la victime. Selon l’article 222-23 du code pénal, le commettant encourait 15 ans de réclusion criminelle pour un viol alors qu’il encourt 20 ans de réclusion criminelle pour un viol s’il est un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou une personne ayant autorité sur la victime, en application de l’article 222-24 du code pénal.
Ainsi, le nouvel article 222-31-1 du code pénal dispose que « les viols et les agressions sexuelles sont qualifiés d’incestueux lorsqu’ils sont commis au sein de la famille sur la personne d’un mineur par un ascendant, un frère, une sœur ou par toute autre personne, y compris s’il s’agit d’un concubin d’un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait ».
L’on se réfèrera à l’article 222-22-1 du code pénal pour définir la notion de contrainte (physique et/ou morale) dans ce type d’agression: « de la différence d’âge existant entre une victime mineure et l’auteur des faits ainsi que de l’autorité de droit ou de fait que celui-ci exerce sur cette victime ».
Si l’atteinte sexuelle incestueuse a été commise par un titulaire de l’autorité parentale sur le mineur, le juge devra prononcer obligatoirement le retrait total ou partiel de cette autorité de ka victime, mais aussi de ces frères et sœurs mineurs.
Lorsque l’atteinte sexuelle incestueuse aura été commise par une personne titulaire de l’autorité parentale sur le mineur, la juridiction de jugement se prononcera obligatoirement sur le retrait total ou partiel de cette autorité, vis-à-vis de cet enfant, mais aussi sur le retrait de cette autorité en ce qu’elle concerne les frères et soeurs mineurs de la victime.
image Flickr jef safi (‘pictosophizing)








[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Benoit VERNY et Willy Duhen, Eric Seguinard. Eric Seguinard a dit: RT @iWilex: Legaletic»Editorial » L’inceste entre clairement dans le code pénal http://tinyurl.com/ydaoynp [...]
Certes, l’inceste entre de façon distincte dans le code pénal. Mais en quoi cela permet-il de le punir?
L’article 222-23 prévoyait bien une sanction pénale ; mieux: aggravée si elle venait d’un parent (autrement dit inceste).
Maintenant, le nouveau texte sur qualifie explicitement l’inceste, mais ne le punit plus! Même si on considère toujours qu’il s’agit toujours d’un viol, on ne pourra plus retenir la circonstance aggravante, puisqu’il s’agit d’après le nouveau texte d’une circonstance qualifiante.
En plus, si je ne m’abuse, les lois pénales plus douces sont à effet rétro-actif…
Ce texte va mettre une sacrée pagaille.